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RE2020, la progressivité des seuils : une approche gagnante pour tous

18 / 12 / 2020

Le choc des annonces politiques du 24 novembre passées et la découverte du contenu précis du projet d'arrêté réalisé début décembre, le temps est de nouveau à la formulation de propositions constructives pour aller vers les objectifs multiples attendus : une réduction des besoins, un plein confort des occupants y compris en été, une prise en compte du bâtiment sur l'ensemble de son cycle de vie, tout cela sous le fil de rouge de la décarbonation, tant des usages que des modes constructifs.

 

 

 

Repartir des fondamentaux

 

Si le projet de texte de la RE2020 a d'ores et déjà fait couler beaucoup d'encre, c'est véritablement la trajectoire qui questionne et non l'objectif. La très grande majorité des acteurs s'accorde à dire que la cible est bonne. Rappel de la vision de Coénove, sur ce que devrait apporter cette réglementation : 

 

> Une réglementation qui fasse progresser toutes les filières, sans en exclure

> Le maintien d’une mixité des solutions, tant constructives qu’énergétiques

> Une mise en œuvre échelonnée pour permettre aux filières de s’adapter

> Une capitalisation sur les enseignement du Label E+C-

> Une valorisation de toutes les EnR, qu’elles soient in situ ou déportées

> Une réponse de choix au confort d’été en poussant la conception bioclimatique, et en limitant au maximum le recours à la climatisation 

> Un renforcement du Bbio pertinent, corrélé au renforcement du Cep dans les mêmes proportions pour éviter le retour de l’effet joule

> Une réglementation ambitieuse mais qui reste réaliste dans son application, notamment au regard des surcoûts engendrés par les nouvelles exigences

 

 

Les propositions de Coénove : la progressivité

Malheureusement, les seuils proposés à ce jour dans le projet de texte amènent à de véritables ruptures sans forme de progression possible pour de nombreuses filières pourtant engagées depuis plusieurs années dans une trajectoire de décarbonation. Ce constat amène notre association à formuler des propositions d'amendement au texte. Elles se répartissent en 3 grands chapitres : 

 

> Contenir la hausse de la pointe électrique
1- Via un garde-fou contre l’Effet Joule : en fixant un seuil exigeant de consommation d’énergie primaire cohérent avec l’exigence de renforcement du Bbio (=> Cep -30%) soit : 
- En maison, Cepnr max à 45 kWhep/m²/an.
- En immeuble, Cepnr max à 60/65 kWhep/m²/an.

 

2- En maintenant la possibilité d’installer de façon concurrentielle des équipements de type PAC hybrides, y compris en maisons individuelles, notamment en s’assurant que le seuil Carbone est compatible avec ces produits

 

> Aménager des paliers vers les objectifs fixés dans l’esprit de progressivité annoncée pour cette RE 2020
- En Maisons Individuelles, relever le seuil à 7-8 kgCO2/m²/an en 2021 a minima dans une phase intermédiaire d’apprentissage (comme il est prévu en logements collectifs) pour embarquer les solutions gaz/ENR les plus performantes (solaire thermique notamment) 
- En Logements Collectifs, adopter une démarche progressive comme pour la partie construction et relever le seuil de 2024 à 8-10 kgCO2/m²/an (permettant d’embarquer le solaire thermique), et acter le 6 kgCO2/m² à 2027 compte-tenu de la marche conséquente à partir du 14 kgCO2/m² fixé en 2021

 

> Reconnaître les gaz verts au même titre que les autres ENR pour la décarbonation du bâtiment
Vue la place occupée par le gaz dans le mix énergétique et la nécessaire décarbonation de ce dernier, il est essentiel que cette RE 2020 envoie un signal positif sur le développement des gaz verts et du biométhane en particulier en tant qu’énergie d’avenir. 

Cette approche est 100% compatible avec la SNBC publiée en 2020 qui prévoit, en 2050, des parts de marché pour le « gaz/biogaz » dans la construction neuve, tant en maisons qu’en immeubles. Par ailleurs, le volume minimal de gaz vert alloué par la SNBC en 2050 au secteur du bâtiment (33 TWh) permet de répondre tant aux besoins du parc existant rénové à cette échéance qu’à la satisfaction des besoins des  nouveaux logements.

Comment ? En intégrant un dispositif de type Méthaneuf à la réglementation, via un mécanisme de financement régional de production additionnelle de biométhane

 

En conclusion, la RE2020 devrait...

> Etre un facteur d’innovation pour l’ensemble des filières et non d’exclusion : sans renier les ambitions, il faut amener plus de progressivité et moins de rupture dans les seuils proposés afin notamment qu’ils soient compatibles avec les développements R&D

 

> Comme sur la RT2012, prendre en compte les spécificités de certaines filières pour se conformer aux nouvelles exigences et leur laisser le temps suffisant pour se mettre dans la trajectoire attendue

 

>  S’assurer d’une approche globale, incluant notamment les surcoûts à la construction qui doivent rester limités et ne pas bloquer l’accès au marché du neuf aux primo-accédants