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Affecter du gaz vert à la construction neuve : utopie ou réalité ?

16 / 02 / 2021

Le président de Coénove, Bernard Aulagne, évoque l’utilité et les bienfaits du gaz vert pour répondre aux efforts d’efficacité énergétique, de rénovation et plus largement la recherche de l’atteinte de la neutralité carbone.

 

Alors que la RE2020, dont les derniers "ajustements" viennent d'être divulgués, occulte la prise en compte du gaz renouvelable, une question revient régulièrement : pourquoi exclure le gaz vert de la construction neuve et le réserver à la décarbonation du parc existant ? Rappelons que la volonté de proposer du gaz vert aux futurs acquéreurs de logements permet avant tout de leur apporter une offre élargie de chauffage décarboné tout en limitant le recours à l’électricité en période de pointe.

 

Chauffage au gaz, de quoi parle-t-on ?

 

À date, 11,5 millions de logements sont chauffés au gaz, faisant de cette énergie la première source de chauffage des Français. En termes de consommation annuelle, cela représente environ 150 TWh pour le parc résidentiel, soit le tiers de la consommation de gaz annuelle s’établissant autour de 460 TWh.

 

Face à ces chiffres impressionnants, l’idée de fournir du gaz vert à des logements nouvellement construits pourrait apparaitre trop ambitieuse. Il n’en est rien, car les efforts d’efficacité énergétique, de rénovation et plus largement la recherche de l’atteinte de la neutralité carbone en 2050, vont faire baisser drastiquement les consommations du parc existant et libérer ainsi de la capacité.

 

L’efficacité énergétique et la rénovation en 1ère ligne

 

À l’horizon 2050, la consommation moyenne cible du parc de logements devra être réduite au niveau BBC rénovation, soit une consommation unitaire pour le chauffage gaz de 50 kWh/m² par an (voire 20 selon le type de système utilisé : équipement gaz renouvelable – solaire, PAC élec-chaudière gaz renouvelable et/ou équipement de chauffage/eau chaude 100% gaz renouvelable). Ainsi, alors qu’elle est aujourd’hui de 13 MWh/an, la consommation unitaire moyenne du parc chauffé au gaz, renouvelable bien évidemment, sera en 2050 de 3 MWh/an.

 

À ce niveau de consommation, chauffer au gaz un parc de 11,5 M logements en 2050 ressort à 34,5 TWh, ce qui est tout à fait compatible avec le niveau bas de la demande de gaz établie dans la SNBC, soit 35 TWh. Nous sommes bien loin des 150 TWh consommés aujourd’hui et l’ensemble des démarches engagées par la filière, telles son adhésion à la Charte Engagés pour Faire dès 2019 ou encore le développement de l’outil Mon Etiquette Chaudière, montre la volonté concrète de contribuer à la réduction effective des consommations.

 

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