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Développement de la chaleur renouvelable : vers une rationalisation des financements publics

06 / 06 / 2018
Chaleur Renouvable : seule la complémentarité des énergies permettra d'atteindre l'objectif

Alors que la France s'est fixée un objectif extrêmement ambitieux de chaleur renouvelable dans son mix énergétique, la question du financement et encore plus de la rationalisation des financements publics devient prégnantes. Alors que 230 000 kms de réseaux de gaz, propriété en grande partie amortie des collectivités locales, maillent le territoire français et que le gaz connait une véritable mutation en devenant local et renouvelable au travers de la méthanisation, ne faut-il pas changer de vision et considérer le réseau de gaz également comme un vecteur de chaleur renouvelable ?

 

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Rares sont les années où l’on aura autant parlé d’énergie… Entre la révision de la stratégie nationale bas carbone, la programmation pluriannuelle de l’énergie et plus récemment la fiscalité carbone, 2018 aura concentré de nombreux débats sur l’avenir du mix énergétique français. Nucléaire, développement des énergies renouvelables, potentiel du gaz renouvelable…beaucoup de sujets auront interpelé et pour certains déchainé les passions, parfois outre la raison... Un sujet est cependant resté bien discret malgré son poids relatif : celui de la chaleur.

 

Pourtant, la chaleur représente en France mais également en Europe 50% de l’énergie finale consommée. Et ce chiffre grimpe encore si l’on regarde spécifiquement le secteur du bâtiment et plus précisément le parc existant où la chaleur, pour le chauffage et l’eau chaude sanitaire représente cette fois 84% des consommations.
Un secteur de poids donc pour baisser les consommations et les émissions dans le cadre de la transition énergétique. Rappelons que la France s’est fixée un objectif ambitieux de 32% d’EnR d’ici 2030, ce qui représente pour la chaleur renouvelable, le développement de 9 TWh par an d’ici 2030. Un challenge important mais pas inaccessible, à condition d’y mettre un certain nombre de moyens…

 

Or, dans un contexte où les financements sont de plus en plus contraints, il apparaît comme essentiel de rationaliser leur utilisation. Pour ce faire, Coénove a confié au cabinet Enea Consulting une vaste étude ayant pour objectif de mettre en avant les voies les plus rationnelles pour développer la chaleur renouvelable en France.

 

Les principales conclusions :
  • Le verdissement des réseaux de chaleur par des garanties d’origine (GO) biométhane est un non-sens
o d’un point de vue énergétique : meilleure efficacité énergétique pour une utilisation directe dans le bâtiment
o d’un point de vue économique : la mobilisation des soutiens publics est sensiblement plus importante pour les réseaux de chaleur alimentés par du biométhane au regard des émissions de CO2 économisées.
  • Les mécanismes de soutien financiers actuels pour les filières Biométhane injecté et Réseau de chaleur EnR sont :
o globalement équilibrés entre ces deux filières au regard des émissions de CO2 évitées pour les réseaux de chaleur EnR existant
o déséquilibrés pour les réseaux de chaleur neufs alimentant des bâtiments neufs, qui absorbent 50% de plus de fonds publics pour que le verdissement du réseau gaz

 

  • La compétitivité des réseaux de chaleur EnR est à étudier au cas par cas. Ainsi, le développement non coordonné de ces deux filières pourraient conduire à une diminution de l’efficacité de la dépense publique.
A l’échelle locale, la mise en place de schéma directeur Réseaux, et non pas uniquement Réseaux de chaleur, permettrait :
o D’optimiser le mix énergétique et la dépense publique pour le développement de la chaleur renouvelable
o De répondre aux enjeux d’efficacité énergétique, en valorisant l’énergie la plus compétitive et adaptée à chaque contexte

 

Le réseau de gaz naturel, grâce à l’injection de biométhane, et les réseaux de chaleur EnR sont deux vecteurs pour développer la chaleur renouvelable. Ils sont ainsi complémentaires, mais peuvent aussi être concurrents car les filières biométhane et réseaux de chaleur ont chacune besoin de soutiens publics pour se développer.

 

 

Retrouvez le détail de l'étude :