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Prospective : vers l’indépendance gazière de la France en 2050

25 / 02 / 2018

Si la France importe à ce jour plus de 99% du gaz consommé sur son territoire, la situation pourrait radicalement changer dans les années à venir. Dès à présent, le développement exponentiel de la méthanisation nous donnait des signes très positifs du potentiel de notre pays à produire du gaz vert. L'étude de l'Ademe intitulée « Un mix de gaz 100 % renouvelable en 2050 ? » présentée lors des Assises de la Transition Energétique à Genève le mois dernier, vient confirmer ce potentiel et fait de l’indépendance gazière française en 2050 une possibilité tangible.

 

Retour sur les principaux enseignements de cette étude dont l’objet principal était d’analyser les conditions de faisabilité technico-économique d’un système gazier basé à 100 % sur du gaz renouvelable à horizon 2050.

 

Pour ce faire, trois grandes filières de production ont été évaluées : la méthanisation, la pyrogazéification et le power-to-gas. Parmi les 4 scenarii présentés, 3 correspondent à un mix gaz 100% renouvelable et un conserve une part de 25% de gaz naturel.

 

La première phase a consisté en l’étude du potentiel total de ressources primaires renouvelables susceptibles de produire du gaz. Il s’élève à environ 620 TWh ; les ressources issues de la biomasse représentant près de 390 TWh, dont 230 TWh provenant du bois et de ses dérivés, 130 TWh issus de l’agriculture, 15 TWh des biodéchets et des industries agroalimentaires et 14 TWh des algues. Il s’agit bien là de ressources disponibles qui n’entrent pas en concurrence avec les usages alimentaires et ni les matières premières. L’électricité contribuerait à hauteur de 205 TWh et les énergies de récupération un peu moins de 25 TWh.

 

Le potentiel théorique de gaz renouvelable injectable a ainsi été déterminé à 460 TWh, sachant que le niveau de demande finale en 2050 en gaz de réseau serait de l’ordre de 300 TWh (contre 460 TWh aujourd’hui) considérant les gains d’efficacité énergétique et la baisse de la demande énergétique.

 

L’étude des gisements conduit à la répartition du potentiel entre les différentes filières comme suit :

  • 30% fournis avec la filière « mature » de méthanisation (déchets agricoles, biodéchets, résidus d’algues),

  • 40% par la filière pyrogazéification (bois, CSR, résidus agricoles)

  • 30% par le power-to-gas dans le contexte d’un mix électrique 100% renouvelable visant à maximiser la production de gaz de synthèse.

Concernant les coûts, la demande pourrait être satisfaite par du gaz renouvelable pour un coût global compris entre 116 et 153 €/MWh, incluant le coût de production, de stockage, d’utilisation et d’adaptation des réseaux gaziers. A noter que ces coûts sont du même ordre de grandeur que ceux annoncés dans l’étude  Ademe de 2016 qui envisageait un mix 100% EnR électriques en 2050 et dont le coût du MWh dépassait également la centaine d’euros.

 

Et c’est bien en renforçant les interactions entre les vecteurs énergétiques et en optimisant leurs synergies à différentes échelles de territoires que nous contribuerons à rendre notre système énergétique plus durable et résolument décarboné.

 

Si l’étude n’identifie pas les trajectoires pour parvenir à 2050, ni l’optimisation du système énergétique global (tous vecteurs, tous usages), nul doute pour autant que ces éléments auront une résonance de choix à l’heure où la programmation pluriannuelle de l’énergie jusqu’à 2028 est en pleine écriture.

Nous avons l’assurance que notre pays peut atteindre un mix décarboné 100% renouvelable en 2050, ce sont ensuite les choix politiques, et notamment les soutiens apportés aux filières, qui feront que cette possibilité deviendra une réalité…  

 

Consulter la synthèse de l'étude