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Innogaz : que retenir de la première édition du 26 juin ?

28 / 06 / 2019

Malgré des températures caniculaires, plus de 100 personnes avaient fait le déplacement pour assister à la première édition d'Innogaz, rendez-vous de l'innovation de la filière gaz organisé le 26 juin à la Maison de la Chimie. Le principe ? Faire témoigner des start-up et des faiseurs d'idées pour mieux percevoir ce que sera le gaz demain. Car n'en déplaisent à ses détracteurs, il y aura toujours du gaz demain !

Parce qu’il a contribué des années durant à l’amélioration du confort de vie des Français, parce qu’il a largement participé au développement économique du pays, le gaz devrait-il être relégué au rang des énergies du passé ? Une énergie sympathique, évocatrice de bons moments conviviaux (ah ! la cuisson au gaz…), à ranger sur les étagères ou dans un vieil album de famille ? Ce serait une vision bien réductrice et dommageable pour tout le monde, car le gaz est au cœur de la mutation énergétique des prochaines années, de la transition énergétique, écologique et solidaire, vers un monde sobre en énergie et en carbone, tourné vers les territoires et proposant une vision sociétale de la place de l’énergie. Mais vraisemblablement, un gaz différent de celui d’aujourd’hui.

Pour y parvenir, un seul mot : l’INNOVATION, au cœur des priorités de toute une filière et pourtant trop souvent méconnue … Car l’innovation gaz irrigue tous les domaines, des usages aux équipements, en commençant surtout par la nature même du gaz et son verdissement inéluctable.

Dans leur diversité, les différentes formes de gaz renouvelable s’affirment comme une source d’énergie décarbonée, souple, vertueuse et économique, aux multiples externalités positives :

  • Au travers de la méthanisation, dans une logique de territoire et d’économie circulaire, la production de gaz renouvelable se couple au traitement local des déchets organiques, en produisant un amendement de qualité et en apportant un complément de revenu à la filière agricole,
  •  Au travers de la pyrogazéification, en proposant une voie de valorisation pour de nombreux Combustibles Solides de Récupération (CSR),
  •  En amenant un soutien aux énergies renouvelables variables que sont l’éolien et le solaire en valorisant leur surplus de production au travers du power-to-gas et de la méthanation pour produire de l’hydrogène ou du méthane de synthèse directement réinjectable dans les réseaux de gaz.

L’innovation gaz touche également la gestion des réseaux de transport et de distribution, toujours plus pilotables pour intégrer, au sein du remarquable maillage national, les points d’injection territoriaux de ce gaz vert. 
Il constitue également une alternative de choix aux produits pétroliers dans le domaine des mobilités (routier, transport maritime …) pour le plus grand bénéfice de la qualité de l’air et de notre santé. Enfin, l’innovation est présente dans les équipements du bâtiment, pour toujours plus de performance et d’économie d’énergie (PAC hybrides, PAC gaz …), mais aussi toujours plus de connectivité pour que l’utilisateur soit vraiment acteur de son confort maîtrisé …

 

Au travers de différents pitchs, cette matinée a permis de montrer que le smart gaz est bel et bien une réalité. Qu'il s'agisse de sa production ou encore de ses usages et des équipements qui l'accompagnent, le gaz est véritablement en train de faire sa 3ème révolution grâce au dynamisme d'une toute une filière engagée dans l'innovation dont le député Fugit a rappelé qu’elle était à l’intersection de l’écologie et de l’économie. 

 

Des approches encore singulières telles que la micro-méthanisation, le speed-green-gas ou encore l'usage du CO2 comme ressource montrent effectivement les perspectives importantes d’innovation. Une autre idée a également émergé : celle de ne pas circonscrire la notion d’énergie renouvelable à l’électricité. En effet, l’électricité n’a pas le monopole de la notion d’énergie renouvelable et le développement des EnR thermiques dont le gaz renouvelable en est une preuve manifeste. 

 

"De par la place du gaz aujourd’hui dans le mix énergétique et du fait de l'engagement très fort de notre pays à aller vers la neutralité carbone, deux chemins peuvent être empruntés. Le premier consiste à considérer le gaz uniquement comme une énergie fossile dont il faut se départir, faisant fi de l'ensemble des investissements consentis notamment par les collecitivités locales et des nombreux bénéfices de cette énergie puissante, abondante et stockable. La seconde voie, que promeut Coénove, est de travailler sur les deux piliers de la transition énergétique que sont l’efficacité énergétique et la réduction des consommations conduisant à baisser drastiquement les besoins de gaz et le verdissement du gaz en s'appuyant sur l'ensemble des techniques abordées précédemment." a rappelé Bernard Aulagne, le président de l'association.

 

Autre point évoqué lors de ces rencontres et non des moindres : l’énergie en tant que service. La question de la gestion des déchets et de leur traitement a été largement abordée et  la production de gaz renouvelable va au-delà de la fourniture d’énergie renouvelable. Il s'agit des fameuses externalités positives de la méthanisation, couvrant tous les bénéfices pour la société française en matière d’économie circulaire, de recyclage et de traitement des déchets. Tous les bénéfices pour la filière agricole en termes de nouvelles méthodes d’agro-écologie au niveau des traitements des effluents et le moindre recours aux pesticides et aux différents engrais. Et naturellement, le recours à une énergie locale améliore notre indépendance énergétique et l'équilibre de notre balance commerciale...
 

En devenant progressivement renouvelable et en s'appuyant sur des infrastructures existantes amorties, le gaz a montré pendant cette matinée qu'il n'était clairement pas une énergie du passé mais plutôt une énergie dont on ne peut se passer !!

 

 

Le détail des échanges et les présentations powerpoint des intervenants sont disponibles ci-dessous :