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Gaz renouvelables, il n'est pas trop tard pour construire une filière française

24 / 05 / 2019
Produire français, local et renouvelable : le gaz relève le défi !

Notre mix énergétique français est pluriel et diversifié et c’est une chance. Le recours à ces différentes énergies permet ainsi d’assurer en tout temps et en tout lieu, la sécurité d’approvisionnement de nos concitoyens et d’avoir un coût de l’énergie très compétitif, notamment par rapport à nos voisins européens.

 

Pour autant, quand on parle énergie, le raccourci est encore trop fréquent de ne parler que d’électricité… Il en est de même sur les énergies renouvelables, elles ne sont pas seulement électriques ! Certes, l’éolien et le solaire sont sans doute les filières les plus matures et les plus visibles, mais au même titre que dans le mix énergétique actuel, les énergies thermiques apportent leur concours à la réponse aux besoins de puissance et à la sécurité d’approvisionnement, les énergies renouvelables thermiques sont appelées à jouer un rôle majeur.

 

Moins développées à ce jour, elles peuvent ainsi pâtir de la difficulté de coexistence entre Transition Energétique et Urgence climatique. N’oublions pas que la première réponse à l’urgence climatique ne réside pas tant dans le développement des énergies renouvelables que dans la réduction drastique de nos consommations et de nos besoins. Véritablement, cette division par deux des consommations à l’horizon 2050 est la meilleure façon à ce jour d’opérer la transition énergétique.

 

Ce n’est qu’ensuite, mais en parallèle, qu’intervient le développement des énergies renouvelables amenant progressivement à la décarbonation de notre mix énergétique. Dans la mesure où notre électricité très majoritairement décarbonée grâce au nucléaire, décarboner le mix énergétique signifie donc décarboner le gaz, qui, rappelons-le, répond à 40 % des appels de besoins de puissance en hiver. Il s’agit là d’une responsabilité collective que de parvenir à décarboner le gaz, ce qui reste un défi majeur pour la France qui reste très largement importatrice de gaz (plus de 99 % à date).

Néanmoins, il faut le prendre comme une opportunité, puisque nous avons la possibilité de produire sur notre territoire des gaz renouvelables de façon tout à fait substantielle pour rapprocher la production de la consommation en nous appuyant sur ces investissements consentis de longue date que sont les réseaux.

N’oublions pas, en effet, que nos 230 000 kilomètres de réseau de gaz, sont majoritairement propriété des collectivités locales et en grande partie amortis. Il serait impensable que les réseaux de gaz deviennent un actif échoué de la transition énergétique, alors que nous pouvons y transporter un gaz renouvelable, voire décarboné avec l’hydrogène.

 

Ce qui est sûr également c’est que nous disposons en France de vraies pépites industrielles liées au développement des gaz renouvelables. Situées dans des secteurs de niche, elles répondent cependant à de vrais besoins puisque plus de 750 unités de méthanisation figurent dans la file d’attente des gestionnaires de réseau pour injecter du gaz renouvelable dans les années à venir.

Ces pépites se trouvent sur l’épuration du gaz, les technologies membranaires, etc. Elles proposent de nouveaux métiers, par exemple dans le domaine du déconditionnement des déchets alimentaires, en récupérant les invendus pour en faire des intrants pour les unités de méthanisation futures.

 

Pour que ces pépites deviennent de véritables champions français et valorisent y compris leur technologie à l’export, il faut impérativement laisser les portes ouvertes sur les technologies tant dans la PPE que dans la loi Énergie climat. Il est essentiel de garantir cette neutralité technologique puisqu’une étude récente montrait que 80 % des métiers qui seront exercés en 2030 n’existent pas encore. La filière des gaz renouvelables en est un exemple concret.

 

Cependant, nous devons avoir l’assurance pleine et entière du soutien du gouvernement dans ce domaine et le signal négatif envoyé dans la PPE par l’administration visant à revoir à la baisse les volumes produit ne va pas dans le bon sens. Pour que puisse se constituer une véritable filière française des gaz renouvelables, les acteurs ont besoin de réassurance et de confiance par la transmission de messages positifs. En 2013, la filière des gaz renouvelables employait 1 700 emplois directs ; en 2015, la filière employait 2 250 emplois directs, et en 2030, nous prévoyons 10 000 emplois directs et 60 000 emplois indirects. Peu de filières françaises possèdent cette perspective en matière d’emplois. Nous avons perdu la bataille du photovoltaïque et avons pris le virage de la batterie avec beaucoup de retard. Ne répétons pas la même erreur sur les gaz renouvelables !