Développer les EnR dont le gaz renouvelable

Le gaz, par ses nombreux atouts en tant qu'énergie stockable, progressivement renouvelable et disponible en toute saison, apparaît aujourd'hui comme l'énergie de la transition par excellence. C'est un complément indispensable aux autres énergies, bien au-delà du fait qu'il devienne renouvelable.

 

Les mentalités doivent cependant évoluer pour sortir le gaz de son statut d’énergie fossile afin qu’il soit reconnu, dans les années à venir, comme une énergie renouvelable à part entière, au même titre que l’éolien ou le solaire.
Via la méthanisation, la gazéification de la biomasse ou encore le power-to-gas, le gaz va progressivement passer au vert sous diverses formes : biogaz, biométhane, hydrogène mais également méthane de synthèse.

 

En effet, la décarbonation du gaz est essentielle pour limiter le réchauffement climatique et l'objectif d'une production de 8 TWh de gaz renouvelable en 2023 tel que le prévoit l'actuelle PPE devrait être atteint sans difficulté. Il convient désormais de fixer un objectif ambitieux mais réaliste pour la PPE 2028, objectif qui pourrait s'établir à 60 TWh, nous mettant sur la trajectoire de 30% de gaz renouvelable en 2030.

 

A l’échelle du quinquennat, c’est le biométhane issu de la méthanisation agricole et territoriale qui constitura la 1ère génération du gaz renouvelable. A plus long terme, lhydrogène, via le Power-to-Gas, et le méthane de synthèse, via la méthanation offrent des perspectives intéressantes nous permettant de viser l'indépendance gazière comme l'a démontré l'étude de l'Ademe 'Mix de gaz 100% renouvelable' publiée en février 2018. 

 

 

Disponibilité en ressources et production potentielle de gaz renouveble (source Ademe, 2018)

 

NOS RECOMMANDATIONS : FAVORISER LA PLACE DES GAZ RENOUVELABLES
► Lancer un plan stratégique de filière des gaz renouvelables 

Couvrant dans un premier temps la méthanisation, filière en œuvre dans les territoires, avec l’objectif de : 
  • Privilégier chaque fois que cela est possible l’injection du gaz renouvelable dans le réseau de gaz naturel - voie la plus effi ciente sur le plan énergétique, la cogénération étant une bonne alternative dans les autres cas. 
  • Rendre opérationnel le droit à l’injection prévu par la Loi Hydrocarbures pour que chaque porteur de projet dont la viabilité a été démontrée puisse pleinement développer cette activité. 
  • Renforcer le fonds chaleur de l’Ademe pour faire émerger les projets et contribuer à verdir les réseaux de gaz pour qu’ils deviennent pleinement, aux côtés des Réseaux de Chaleur Urbains (RCU) des vecteurs de chaleur renouvelable. 
  • Réfléchir, aux côtés des banques, aux voies de fi nancement les plus adaptées et notamment à la part des fonds propres. 
  • Considérer les perspectives offertes par le biométhane porté.

Préparant d’autre part, le chemin de la production d’hydrogène, la pyrogazéification et la méthanation

  • Prendre en compte dès à présent dans la PPE les perspectives de développement de la filière Hydrogène et les transcrire dans les prochaines réglementations.  
  • Favoriser les expérimentations et démonstrateurs au cœur des territoires à l’instar des démonstrateurs GRHYD, Jupiter1000 et GAYA 2
     

► Favoriser le développement de projets par le lancement d’une vaste campagne nationale d’appels à projet sur le gaz renouvelable, tout en ciblant localement les projets en fonction  des potentialités et spécificités des territoires.