Des actions énergétiques et environnementales dans le bâtiment

Dans le secteur de la construction neuve, de gros progrès ont été accomplis depuis plusieurs années au travers notamment des différentes Règlementations Thermiques, et plus spécifiquement de la RT 2012. Il s’agit, dans ce domaine, de poursuivre les efforts qualitatifs en veillant à la faisabilité et l’acceptabilité technico-économique, ce que devra transcrire la future réglementation environnementale, la RE 2020.
 

Pour définir de façon pertinente le bâtiment performant de demain, il est nécessaire de ne pas limiter l’évaluation de l’impact environnemental aux seules consommations d’énergies de chauffage et de production d’eau chaude sanitaire. Il convient d’élargir cette approche à l’échelle du bâtiment à tous les usages énergétiques et ce, dès sa phase de construction afin d’orienter les décisions vers les solutions ayant le plus faible impact (voir l'Analyse Coénove : Impact de la RT 2012 dans le logement neuf).

Afin d’optimiser un projet de construction ou d’éco-quartier, une approche fondée sur l’Analyse du Cycle de Vie (ACV) du bâtiment permet par exemple, de rendre compte de l’ensemble des impacts énergétiques et environnementaux (de la construction à la déconstruction).
Préalablement, la définition d’une méthode partagée et consensuelle d’évaluation du contenu en CO2 de l’énergie électrique s’impose. C’est la garantie d’une transition énergétique répondant à l’intérêt général.

 

Ainsi, pour inscrire la France de manière pérenne sur le chemin de l’excellence environnementale, la mise en place de normes énergétiques et environnementales ambitieuses est essentielle, en particulier pour la réglementation thermique (RT)  et future réglementation environnementale (RE)  des bâtiments, avec une approche élargie à l’ensemble des consommations du bâtiment ; en effet les consommations spécifiques d’électricité des logements neufs représentent le premier poste de consommation en énergie primaire, loin devant les postes chauffage et production d’eau chaude sanitaire.

 

Répartition de la consommation d’énergie primaire dans le neuf en kWhep/m2

Consommations en kWhep/m2.an 

 

 

Compte tenu des parts de marché des différentes énergies en construction neuve, l'électricité représente 75 % de la consommation d’énergie des logements neufs en 2016. L'analyse Coénove mentionnée révèle en premier lieu que les usages non réglementés (cuisson, électro-ménager, audiovisuel, multimédia…)  pèsent aujourd’hui davantage que les usages « réglementés » (chauffage, eau chaude sanitaire, refroidissement, éclairage, auxiliaires). ’Dans une approche « tous usages », la consommation d’énergie des logements est constituée à 75 % d’électricité, à 20 % de gaz naturel et à 5% de bois, fioul ou réseau de chaleur. Dans un périmètre limité aux 5 usages de la réglementation thermique, l’électricité représente encore 51 % de l’énergie consommée.
 

 

 

Dans ce cadre, il est impératif de raisonner en énergie primaire, seule méthode permettant de mesurer précisément l’impact sur le prélèvement des ressources. Le calcul en énergie primaire prend en compte à la fois l’énergie finale utilisée par les occupants d’un bâtiment, mais aussi l’énergie qu’il a fallu consommer pour sa production et son transport.

 

Déployer les solutions d’efficacité énergétique active, basées sur la régulation et le pilotage des systèmes

Les solutions d’efficacité énergétiques actives pour la gestion du chauffage et de l’eau chaude sanitaire sont des alliés naturels de l’énergie gaz et de toute approche "performantielle" de rénovation ou de construction d’un bâtiment. L’installation d’une régulation de chauffage performante, de robinets thermostatiques et de thermostats programmables offrent en effet des résultats significatifs en termes d’économies d’énergie pour un investissement réduit. 

 

Bâtiment : prendre en compte l'impact carbone

La volonté d’aller vers des bâtiments encore plus économes en s’attachant à prendre en compte l’ensemble de leur cycle de vie - de leur construction à leur destruction - doit être poursuivie. De plus, la nécessaire prise en compte de l’empreinte carbone doit intégrer la décarbonation progressive des énergies, utilisées, par exemple l'évolution du gaz vers un gaz de plus en plus renouvelable, minimisant d’autant le poids de l’exploitation dans la vie du bâtiment. Ainsi, le poids de la construction passe de 50 à 75% de l'empreinte carbone totale du bâtiment et constitue l'enjeu majeur de la décarbonation des bâtiments neufs.

Il en ressort que les dispositions règlementaires, dont la RE2020, devront de plus en plus faire porter les efforts sur la construction, sans exclure un type d’énergie en devenir.
Par ailleurs, tout nouvel effort règlementaire doit se faire dans des conditions techniques et économiques acceptables pour les maîtres d’ouvrage et les consommateurs. Coénove appelle ainsi à porter une réglementation des bâtiments neufs ambitieuse mais réaliste.

 

 

NOS RECOMMANDATIONS : UNE REGLEMENTATION ENVIRONNEMENTALE OPTIMISEE
  • Prendre le temps nécessaire pour une expérimentation réussie du Label E+C- et en tirer les enseignements issus de la mise en œuvre sur le terrain
  • Maintenir l’expression des objectifs réglementaires en énergie primaire, seul mode d’expression représentatif des ressources prélevées à la planète mais également des pertes de transformation
  • Caler la future réglementation dans le neuf dans un souci de soutenabilité économique (pour le client), technique (pour toutes les filières), et de maintien des équilibres introduits par la RT 2012, cohérents avec la nécessité d’un mix complémentaire et tenant compte de la décarbonation progressive des énergies concernées.