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Un principe et trois idées simples pour la prochaine Réglementation Environnementale du bâtiment (RE 2018)

29 / 04 / 2016
certificat d'énergie, filière gaz, transition énergétique, énergie, actualité

 

La Réglementation Thermique 2012 (RT 2012) a permis d’atteindre dans les logements neufs un haut niveau de performance énergétique. Elle a contribué à la baisse des consommations, donc des gaz à effet de serre (GES), elle a stimulé l’innovation et, au final, elle a ouvert la voie à un mix énergétique complémentaire où les atouts de chaque énergie sont utilisés.

 

Au moment où les réflexions s’intensifient sur la prochaine réglementation, il semble utile de poser un principe et trois idées pour définir une réglementation dont l’ambition n’est plus d’être seulement thermique mais d’être environnementale.

 

Le principe est celui du maintien de la pluralité des énergies et des solutions pour le consommateur. Le développement soutenu du chauffage électrique entre 2005 et 2009 dans la construction neuve a augmenté la croissance de la pointe électrique de 60 %. La RT 2012 a réduit partiellement ce déséquilibre structurel. Lors des pointes de grand froid, les combustibles représentent environ 2,5 fois la puissance électrique appelée. Les réseaux et stockages de gaz naturel dimensionnés pour satisfaire les usages thermiques permettent donc de répondre de manière fiable aux besoins climatiques. Toute réglementation qui ajouterait des consommations d’électricité en période de pointe nécessiterait des investissements importants pour des usages de courte durée.

 

Les trois idées sont les suivantes

  • Idée 1 : Travailler sur le logement depuis sa création

La construction représente à elle seule près de 500 kg/m² de CO2 émis, soit près de la moitié des émissions totales de CO2 d’un bâtiment pendant toute sa durée de vie. Rendre compte de l’impact environnemental (CO2, eau, déchets) du logement depuis sa création jusqu’à sa destruction, et non plus uniquement sur sa phase d’exploitation, devrait permettre d’actionner des leviers aujourd’hui inexploités.

 

  • Idée 2 : Viser la baisse de la consommation d’énergies des logements.

La baisse de la consommation reste un des moyens les plus efficaces de réduire les émissions de CO2 tout en allégeant la facture du consommateur. Dans ce cadre, il faudrait prioritairement s’attacher à réduire les consommations non renouvelables tout en gardant un recours possible aux ENR. Toutefois, pour limiter les surcoûts à un niveau supportable, la RE 2018 devrait s’inscrire dans la continuité de la RT 2012 par un renforcement modéré des exigences sur le bâti et les systèmes.

 

  • Idée 3 : Agir sur les usages spécifiques

Les usages spécifiques (cuisson, électro-ménager, audiovisuel, multimédia…) pèsent aujourd’hui davantage que les usages « réglementés » (chauffage, eau chaude sanitaire, refroidissement, éclairage, auxiliaires) dans la consommation énergétique des logements neufs. Ils n’ont cessé de croître ces dernières années et représentent désormais près de 60% des consommations énergétiques. Il serait judicieux de les intégrer désormais dans le périmètre réglementaire et de commencer à compenser, par une production locale d’électricité, une partie de ces usages.

 

Ces idées simples doivent permettre de poursuivre dans la voie d’un mix énergétique équilibré et complémentaire, dans l’intérêt général et dans celui du consommateur, le tout sans créer de rupture technologique pour encourager la R&D chez les industriels. Il en va de la réussite de la transition énergétique dans le logement neuf.