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Parce qu’un bâtiment n’est pas qu’une empreinte carbone

10 / 11 / 2017

 

A l’heure où il est attendu des bâtiments qu’ils consomment toujours moins d’énergie voire en produisent, émettent de moins en moins de CO2 sur l’ensemble de leur cycle de vie, deviennent intelligents, communicants, adaptatifs…n’aurions-nous pas perdu de vue la notion première qui est celle qu’un bâtiment doit avant tout être le lieu du bien vivre de ces occupants ?

 

Par la publication en début de mois de sa note ‘Bâtiments responsables, usages et confort : quelles lignes directrices pour demain ?’ le groupe de travail RBR 2020 2050 du Plan Bâtiment Durable vient remettre au cœur du débat une réalité qui dépasse les champs du moteur de calcul de la RT2012 : l’utilisateur.

 

Après la première note mise au débat dans le courant de l’été par ce GT et sur laquelle Coénove n’avait pas manqué de réagir (lien), c’est désormais la note dans sa version définitive qui a été publiée. La volonté ? Ne pas perdre de vue dans la prochaine réglementation qui sera environnementale et non plus uniquement thermique que les critères énergie et carbone ne sont pas les seuls qui doivent emporter la décision. 

 

Ne pas oublier les fondamentaux

Se basant sur les retours d’expérience des RT2005 et RT2012, la note met en avant un certain nombre de points que Coénove partage pleinement, en particulier :

 

  • La température de consigne prise conventionnellement à 19°C quel que soit les usages, alors que chacun sait qu’elle ne correspond à aucune réalité d’occupation des bâtiments, notamment pour les personnes présentes tout au long de la journée dans leur logement (séniors, télétravailleurs…)
  • La part de plus en plus importante des usages spécifiques de l’électricité (USE), pris en compte forfaitairement par la RT 2012 et qui représentent le premier poste de consommations d’énergie dans les bâtiments performants.
  • La nécessité impérative des opérations de maintenance et d’entretien aux niveaux individuel et collectif sans lesquelles les performances d’un bâtiment ne peuvent être assurées dans la durée.
  • L’importance de se questionner sur le confort d’été au regard des épisodes de canicule de plus en plus fréquents.
  • La qualité de l’air, l’acoustique, la lumière naturelle ainsi que la présence du végétal ne peuvent être ignorés dans la mesure où leur impact sur la santé est avéré.

Souplesse et adaptabilité

Il ressort de cette note qu’un scénario unique, conventionnel, de l'usage d'un bâtiment ne saurait donc être la seule réponse à considérer dans la future réglementation. Une approche plus souple permettant d'apprécier la capacité d'un projet immobilier à se plier à différents utilisateurs doit être privilégiée.

 

Il faut dès lors sortir de la seule logique strictement technique et accepter d’amener des variantes dans l’intérêt de la qualité de vie. Un sujet d’autant plus difficile à traiter qu’il dépend en partie du ressenti et de la diversité des occupants et de leur mode de vie.

 

La note recommande ainsi d’envisager plusieurs scénarii et, pour chaque scénario, de calculer les consommations énergétiques correspondantes. Pourraient ainsi être mis en œuvre :

  • des Scénarii d’usages fondés soit sur la notion d’intensité (le même logement occupé par une personne, deux, trois voire plus, selon la taille du logement concerné), afin de prendre en compte les nouveaux modes d’habiter liés à l’économie de partage et à l’habitat participatif ainsi que les risques liés à la précarité.
  • des Scénarii basés sur les variables de la réglementation (température, débits d’air, éclairage, eau chaude sanitaire…) pour permettre de tester plusieurs choix de température.

Coénove rejoint cette proposition visant à effectuer des simulations apportant des informations sur la souplesse, la robustesse du projet, les marges de manœuvre laissées aux habitants, ainsi que l’adéquation du bâti à des usages variables dans le temps (mutabilité).

 

En conclusion et au regard des retours d’expérience des réglementations thermiques passées et en vigueur, cette note souligne la nécessité de laisser une certaine liberté « encadrée » à l’occupant pour adapter les conditions de son logement. Qu’il s’agisse de chauffage, de climatisation, d’aération, d’éclairage, d’ouverture sur l’extérieur… des solutions simples et efficaces doivent être envisagées pour amener de la souplesse, sans pour autant dégrader les performances du logement.

 

L’information est dès lors la clé pour que cette liberté reste compatible avec un contrôle des dépenses énergétiques et donc un comportement écoresponsable. La généralisation du pilotage et de la connectivité des équipements devrait grandement y aider pour proposer des logements à la fois sobres, robustes et en même temps désirables pour ceux qui y résident.

 

Coénove souhaite vivement que la prochaine réglementation environnementale tienne compte de ses enseignements et ne se cantonne pas uniquement à la fixation et au respect de seuils énergie et carbone qui, s’ils sont nécessaires d’un point de vue environnemental, ne sont pas gages d’adaptation et de confort de vie.

 

Lien vers la note du GT RBR 2020 2050