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Mix énergétique 2035 - 2050

27 / 10 / 2017
Mix énergétique 2035 - 2050
Quelle place pour la complémentarité et pour les EnR dont le gaz ?

 

Le mix énergétique français à l’horizon 2050 vient de faire l’objet d’une étude de la part de l’Ademe à travers la mise à jour de son scénario énergie-climat 2035-2050.

Coénove a analysé ce document et vous en livre les principales conclusions.

 

Des consommations à la baisse

Premier parti pris essentiel de ce nouveau scénario, une baisse de la consommation totale d’énergie de 29% en 2035 par rapport à 2010 et de 45% en 2050. Cette baisse provient principalement du secteur des transports (-41% entre 2010 et 2035) notamment grâce à « l’augmentation du nombre de véhicules hybrides et électriques » et également du bâtiment (-29% entre 2010 et 2035) où il est attendu que le rythme des rénovations énergétiques s’accélère en passant à partir de 2030 de 500 000 logements/an à 750 000 logements/an.

 

L’affirmation d’un mix énergétique complémentaire

Les évolutions proposées pour le mix énergétique mettent en évidence l’intérêt croissant de développer les interactions entre les différents vecteurs énergétiques (électricité, gaz, chaleur). En premier lieu, la cogénération à partir de biomasse ou de chaleur fatale, couplée à du stockage thermique, permet d’intégrer de la flexibilité entre la production de chaleur et d’électricité. La valorisation des excédents d’électricité produite par les EnR variables, sous forme de gaz de synthèse, a également été retenue.

 

 

Place au local et au renouvelable

Le développement des sources d’énergies renouvelables alimente les différents réseaux énergétiques dont l’équilibre change progressivement au cours de la période. Le recours aux vecteurs d’énergie (électricité, gaz et chaleur) se substitue aux usages directs de produits pétroliers dans les bâtiments et les transports. Pour produire ces vecteurs, des ressources renouvelables, essentiellement disponibles sur le territoire, se substituent aux ressources fossiles importées.

La méthanisation de la biomasse est la principale source de production de gaz renouvelable. L’injection de biogaz dans le réseau de gaz est l’option prioritaire retenue : entre 2035 et 2050, la part du biométhane produit qui est injectée sur le réseau de gaz, ou en injection portée, est de 65 %. Une part d’hydrogène générée par électrolyse à partir d’électricité d’origine renouvelable est également injectée au réseau de gaz. Cette quantité d’hydrogène peut être mélangée directement au gaz naturel si les points d’injection sur le réseau de gaz sont bien répartis.

 

Développement des EnR : le potentiel de stockage du gaz en 1ère ligne

 

L’Ademe envisage deux scénarii de déploiement ambitieux de capacités de production renouvelable : un mix 2050 – 80 % d’électricité renouvelable et un mix 90 % d’électricité renouvelable et power-to-gaz.

 

Il est intéressant de retenir que dans les deux cas, le fort développement des EnR passe, du fait de leur caractère variable, par le recours au gaz, notamment pour son potentiel de stockage.

 

Dans le premier cas, il a été considéré que lors des périodes de forte production renouvelable, la production et l’injection d’hydrogène dans le réseau de gaz pourraient permettre de valoriser 2 Mtep d’électricité. Ainsi, en 2050, les EnR répondent ainsi à 60 % de la consommation finale brute d’énergie et à 35 % de la consommation finale de gaz.

 

Dans le cadre du scénario encore plus ambitieux d’électricité renouvelable, la mobilisation de capacités additionnelles de photovoltaïque, d’éolien terrestre et marin, d’énergies marines donne lieu à la production de méthane de synthèse qui vient s’ajouter à l’hydrogène mentionné ci-dessus. Ainsi, dans ce scénario, les EnR répondent à 69 % de la consommation finale brute d’énergie et à 49 % du gaz consommé en 2050.

 

Que retenir ?

 

Les conclusions de cette étude confirment la pertinence des propositions faites par Coénove dans la cadre de sa plateforme pour le quinquennat à savoir :

  • Souligner l’importance des équilibres et de la convergence entre vecteurs énergétiques, en prenant notamment en compte « les potentiels techniques de production de gaz issu d’énergies renouvelables et les capacités de distribution du réseau gazier »
  • Concentrer les efforts dans l’existant et aller vers la définition d’une stratégie de rénovation adaptée au parc de bâtiments existants
  • A court terme, viser le remplacement des équipements de chauffage vétustes et s’appuyer sur les évolutions technologiques dont l’innovation du numérique pour contribuer à la baisse rapide des consommations
  • A plus long terme, se mettre dans une perspective de neutralité carbone en misant fortement sur le développement des EnR et une « forte pénétration des équipements à hydrogène »

 

Pour consulter le rapport de l’Ademe : cliquez-ici