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L'ENTRETIEN COENOVE : Cédric de Saint Jouan, président du Think Tank France Biométhane

Lundi, Octobre 2, 2017
Cedric de Saint Jouan

 

A fin juin 217, la France comptait 35 unités de production de biométhane représentant une capacité d’injection d’environ 200 GWh, soit une augmentation de 9 installations depuis le début d’année, autant que l’année 2016 dans son intégralité. Des chiffres qui montrent le décollage de la filière, avec notamment la multiplication des projets ISDND ou de STEP, mais ne sauraient cacher les difficultés rencontrées par les développeurs et les exploitants d’unités de méthanisation dont les effets se feront ressentir plus tard.

 

A l’heure où les directives européennes sont revues, quel système de soutien est nécessaire à l’atteinte des objectifs ?

 

A cette heure, la filière du biométhane ne peut être considérée comme mature. Même si la montée en puissance du secteur montre que la technique est relativement maîtrisée, les acteurs de la filières sont encore très fragiles. Peu de développeurs qui ont su industrialiser le processus d’obtention des autorisations et détiennent un portefeuille de plusieurs projets en développement. Les banques sont encore réticentes à financer et sont encore dans l’attente de résultats plus solides. Les constructeurs peinent à remplir leurs carnets de commandes et n’ont pas suffisamment d’installations en service pour mettre en place des centres de maintenance capables d’offrir un service de qualité en terme de rapidité d’intervention en cas de panne et d’apporter de réelles garanties sur la maintenance. Enfin, il n’existe pas de retour sur l’exploitation des unités d’injection qui permet de penser que les coûts sont maîtrisés sur le long terme.  Dans ce cadre, lancer un programme d’appel d’offre sur ce type de projets serait suicidaire pour l’industrie.

 

Les travaux d’actualisation de la PPE et de la SNBC, deux documents directeurs de la stratégie énergétique de la France, vont commencer. Quelles sont vos attentes vis-à-vis de ces textes ?

 

La pierre angulaire du système reste le tarif d’obligation d’achat qui offre une réelle visibilité sur les revenus. Mais il faut prolonger le contrat d’achat de 15 à 20 ans. En effet, le biométhane est la seule énergie renouvelable à garder un contrat d’achat de 15ans, contrairement à l’électricité solaire, à l’électricité éolienne dans le contrat de rachat 2017 et même celle produite à partir de biogaz.

 

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