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Energies renouvelables dans les territoires

16 / 04 / 2018

Energies renouvelables dans les territoires : le gaz vert, bien plus qu’une EnR

 

La tenue des 9es Rencontres pour les Energies renouvelables le 10 avril dernier à la maison de la chimie a été l’occasion pour Coénove de rappeler les nombreuses opportunités offertes aux territoires par le développement des énergies renouvelables.

 

Florence Lievyn, Déléguée générale de l’association, est intervenue lors de la seconde session « Les territoires face aux défis de la transition énergétique » pour témoigner que la méthanisation et plus généralement le développement des gaz verts que sont le biométhane, le syngas, le biohydrogène ou encore le méthane de synthèse sont un excellent exemple de mise en œuvre concrète de l’économie circulaire à l’échelle des territoires.

 

Une intervention qui a été l’occasion de rappeler en préambule 3 fondements qui dictent l’action de Coénove :

  • La nécessaire maîtrise des consommations d’énergie : le caractère inépuisable des énergies renouvelables n’est pas une raison à un usage irrationnel. La sobriété via un changement des comportements citoyens mais également l’efficacité énergetique, permise notamment par le recours généralisé à la rénovation énergétique des bâtiments, sont à rechercher.
  • la question du mix énergétique pluriel et diversifié sans lequel les objectifs de la Transition Energétique ne pourront être atteints ; mix également seul à même de répondre à la sécurité d’approvisionnement de notre pays et aux besoins des Français en tout temps et en tout lieu.
  • 3ème pilier, la lutte contre le changement climatique impose la limitation de l’émission de gaz à effet de serre et de facto la décarbonation de notre mix énergétique. Vu notre mix de production d’énergie actuel, décarboner le mix revient à décarboner le gaz.

C’est là en effet une grande chance pour cette énergie que de pouvoir faire sa 3ème révolution, après le gaz de ville et le gaz de houille, en devenant renouvelable, tout en sachant pouvoir compter sur les 230 000 kms de réseaux, propriétés amorties des collectivités locales.

 

Et finalement, ce n’est pas tant un défi qui s’impose aux territoires qu’une opportunité. L’opportunité de développer une production locale de gaz vert, cette EnR non intermittente, qui va pouvoir répondre au plus près des besoins de consommations.

 

Parlons concret, parlons projet, parlons réalisation : parlons méthanisation, cette filière qui s’inscrit au cœur de la logique territoriale, en apportant de la valeur à chacune des parties prenantes. Si l’idée que le gaz pouvait être une EnR à part entière a eu du mal à faire son chemin mais semble désormais admise, c’est au final presque normal. En effet, le gaz vert n’est pas une EnR comme les autres, il est plus qu’une EnR.

 

La méthanisation produit du gaz, c’est indéniable. Mais l’histoire ne s’arrête pas là, elle s’inscrit dans une logique partenariale de territoire.

Comment ?

  • En amenant un traitement pérenne aux déchets agricoles de types lisiers, fumiers et résidus de culture
  • En permettant aux déchets organiques de la collectivité, aux boues de stations d’épuration mais également des industries et notamment agroalimentaires de disposer d’un exutoire de choix de proximité
  • En amenant un revenu complémentaire de choix à la profession agricole estimé à 25K€ par l’Ademe, sachant que le revenu agricole moyen en France est de 18K€
  • En créant des emplois perennes dans les territoires : la filière biométhane permet de créer en moyenne 3 à 4 emplois locaux non délocalisables par installation, uniquement sur l'exploitation.  Ce sont ainsi 2 250 équivalents temps plein (ETP) directs (pour 5 000 ETP indirects estimés) et un chiffre d’affaires de 600 millions d’euros en 2015 qu’a engendré la filière du gaz renouvelable et le SER, syndicat des énergies renouvelables, estiment qu’à termes 100 000 emplois seraient visés.
  • En limitant de recours aux engrais chimiques et en les substituant par le digestat produit dans le méthaniseur dont les propriétés agronomiques sont de première qualité
  • Ce sont ainsi plus de 90.000 tonnes de CO2 qui ont été évitées grâce au biométhane en 2017

 

Nous sommes donc bien sur une filière qui, au delà de produire de l’énergie renouvelable, apporte un véritable service, économique et écologique, au territoire. Une filière aux multiples externalités positives, au croisement du secteur des déchets, de l’assainissement, de l’environnement donc et de l’agriculture, qui réconcilie les problématiques de territoire pour les inscrire dans la logique vertueuse de l’économie circulaire.

 

Entre 2016 et 2017, le nombre d'installations d’injection de biométhane a augmenté de 70%, et les volumes injectés de 89%. Si cette production reste encore limitée, elle correspond tout de même à la consommation d’environ 34 000 foyers. Et ce décollage se confirme sur le premier trimestre 2018 qui se traduit dans l'accroissement des nouvelles réservations de capacité.

 

On le voit bien, comme toute transition, la transition énergétique prend du temps. Le gaz sera demain renouvelable, c’est une certitude. La récente étude de l’Ademe sur le mix gazier en 2050 a rappelé toutes les potentialités dont disposait notre pays. Prendre ainsi ce jour des dispositions législatives ou réglementaires visant à exclure le gaz au motif qu’il est à ce jour fossile et importé, serait nier toute l’économie vertueuse et la valeur qu’apporte déjà, et demain plus encore, cette EnR aux territoires.

 
Lires les actes des Rencontres :