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De la nécessité d'un mix énergétique diversifié

18 / 08 / 2017

Lors des 8èmes Rencontres pour les EnR qui se sont tenues mi-juillet, il a beaucoup été fait mention des énergies renouvelables électriques. Si on parle fréquemment de solaire photovoltaïque ou encore d’éolien, la filière du gaz renouvelable fait aussi son chemin…

 

Après quelques mots sur la constitution de l’association, Bernard Aulagne a rappelé la conviction de Coénove à savoir que seule une approche fondée sur la complémentarité des énergies plurielles et diversifiées permettra d’atteindre les objectifs ambitieux de la Loi de Transition Energétique. L’énergie gaz apparaît comme une composante importante de cette complémentarité ; elle oblige à dépasser le cloisonnement caricatural qui sépare les énergies fossiles d’un côté et les énergies renouvelables de l’autre.

 

Le gaz, un complément indispensable au développement des EnR

Dans sa forme actuelle, énergie fossile la moins carbonée, le gaz est un élément indispensable au développement des énergies renouvelables électriques en palliant leur intermittence et leur variabilité dans les périodes de forts besoins de puissance. Dans les territoires, au plus près des utilisateurs, des solutions technologiques concrètes, telles que le couplage chaudières et panneaux solaires thermiques, ou bien chaudières hybrides, ont fait leurs preuves.

 

Le gaz devient renouvelable

Mais surtout le gaz lui-même devient de plus en plus renouvelable et s’inscrit pleinement dans les perspectives d’avenir. Malheureusement, on assimile trop souvent les énergies renouvelables aux seules EnR électriques. Ce raccourci est dommageable et occulte le fait que l’énergie gaz fait désormais pleinement partie du paysage des énergies renouvelables en France.

À ce jour, 37 sites produisent du biométhane et l’injectent dans les réseaux de distribution de gaz, contre 26 sites seulement en 2016, soit un parc encore modeste, mais une progression très importante.

 

Energie, la place aux territoires

Sur le plan des territoires, la méthanisation est au carrefour de quatre enjeux énergétiques forts :

-          celui de la production d’énergie proprement dite et sa contribution à la sécurité énergétique du pays 

-          celui, environnemental, avec la réduction des émissions de gaz à effet de serre d'une part et la fourniture d'un amendement organique de qualité d'autre part

-          celui du développement de l’économie circulaire dans laquelle le gaz participe au traitement des déchets

-         et in fine, l’appui à la filière agricole en termes de compléments de revenus et d’alternative proposée à l’emploi des engrais chimiques.

 

Une place de choix pour l’hydrogène

Mais la méthanisation n'est que la première étape de la mutation vers un gaz de plus en plus renouvelable, puisque se profile déjà le power to gas. Ce procédé consiste dans la récupération de l’électricité excédentaire produite par les énergies électriques renouvelables, de sa transformation en hydrogène ou en méthane de synthèse et de sa réinjection dans les 236 000 kms de réseaux de transport et de distribution qui irriguent l'ensemble du territoire français. Cette nouvelle approche de l'énergie gaz est partagée en Europe. Sept compagnies de transport indépendantes sont déjà regroupées au sein de la Green Gas Initiative, qui affiche l’objectif d’un gaz 100 % renouvelable et la neutralité en carbone dans les réseaux à l’horizon 2050.

 

Gaz renouvelable, quelles perspectives ?

La loi de transition énergétique fixe déjà un passage à 10 % de la part de gaz dans l’ensemble de la consommation du renouvelable en 2030.

De son côté, l’Ademe, dans une étude datant de 2013, fixait l’objectif de plus 50 % de gaz renouvelable dans le réseau à l’horizon 2050.

Coénove, enfin, a réalisé récemment une étude sur les objectifs actuels de la stratégie bas carbone. Elle montre que le gaz apportera une contribution déterminante pour atteindre cet objectif dans le secteur résidentiel, sous deux conditions :  

-          tout d’abord que l’ensemble du parc soit BBC-Rénovation, comme le prévoit la loi et,

-          d'autre part que le gaz renouvelable représente un peu plus de 40 % du gaz consommé.

 

Certes, la filière est encore jeune et a besoin de soutien pour se consolider et se développer. Des mesures ponctuelles ont été prises (tarif de rachat, taux de réfaction du raccordement au réseau…) mais Coénove est persuadé qu’au-delà de ces mesures et appuis nécessaires, c’est d’une véritable stratégie concernant le gaz renouvelable que doit se doter la France, afin de donner à cette énergie toute sa place dans le paysage énergétique de notre pays.