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Comment le gaz renouvelable contribue concrètement à la transition énergétique ?

28 / 07 / 2017

 

Pour assurer son équilibre et son développement économiques, toute zone excentrée doit impérativement gérer et optimiser ses flux, qu’ils soient humains, culturels ou marchands.

 

Dans des régions péninsulaires comme la Bretagne, cette question se pose avec acuité sur le plan énergétique. Importatrice de ressources sur certaines périodes de l’année*, la région se dote progressivement des équipements qui doivent lui permettre de gagner en autonomie énergétique et même d’être en situation d’exporter lorsque ses besoins peuvent être satisfaits localement.

 

Au cœur de cette stratégie figure le plan SMILE (« SMart Ideas to Link Energies ») : porté par les régions Pays de la Loire et Bretagne. Ce plan se fixe pour ambition de créer un grand réseau électrique intelligent pour l’Ouest de la France en s’appuyant sur ses atouts industriels dans les domaines du numérique, des énergies renouvelables et de la transition énergétique.

 

La dimension gazière de l’ambition SMILE est principalement portée par les projets West Grid Synergy. Ceux-ci se fixent dont l’enjeu est de maximiser la production de gaz renouvelable sur les territoires en facilitant son intégration dans les réseaux gaziers. L’idée centrale ? Le « rebours ». Normalement, le réseau gaz est unidirectionnel avec des flux de gaz allant des réseaux de transport vers des réseaux de distribution de plus petit diamètre où la capacité de stockage est de facto moins importante. La technologie du rebours autorise des flux inversés et permet ainsi au réseau de devenir bidirectionnel.

 

Cette solution « smart » permet donc d’organiser la gestion des flux et le stockage du biométhane produit localement lorsque l'offre est supérieure à la demande, ce qui est le cas dans l’ouest sur certaines périodes de l’année. Le gaz excédentaire va ainsi quitter le réseau de distribution pour aller rejoindre les réseaux de transport qui irriguent le territoire national, offrant des débouchés assurés au gaz produit.

 

Prenons l’exemple de Pontivy : le territoire compte 5 projets d’injection représentant une production de 750 à 1250 m3/h de biométhane, soit 70 à 130 GWh. Durant l’été notamment, la consommation locale ne permet pas d’absorber de telles productions. Le pays de Pontivy deviendrait donc, durant la période, exportateur d’une énergie qui pourrait être stockée ou consommée ailleurs.

 

Les deux premières installations pilotes seront implantées à Pontivy justement, au cœur de la Bretagne, et à Pouzauges en Vendée. Selon GRTgaz, acteur très impliqué dans ces projets, ces West Grid Energy pourraient être mis en œuvre en 2019. Deux premières installations d’une longue série puisque l’opérateur de transport estime que 30 installations à rebours seront nécessaires, en 2025, pour s’inscrire dans le cadre de la loi de transition énergétique.

 

Rappelons que la loi prévoit de porter la part de biométhane à 10% de la consommation nationale de gaz en 2030. De quoi légitimer le lancement d’une Stratégie Nationale Gaz Renouvelable comme l’appelle de ses vœux notre association.

 

* A titre d’illustration, l’écart de consommation de gaz entre l’hiver et l’été est de 1 à 8 sur la région
(source GRTgaz)