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13es Rencontres Logement & Immobilier : retour sur des secteurs en mutation

23 / 03 / 2018
 
 
Les 13es Rencontres Logement & Immobilier se tenaient à la Maison de la Chimie le 20 mars dernier. Vue son implication sur le secteur du bâtiment, Coénove était en tribune aux côtés de la Députée Marjolaine Meynier-Millefer, co-animatrice du Plan National de la Rénovation Energétique des bâtiments et de Philippe Pelletier, président du Plan Bâtiment Durable.
 
 
 
Bernard Aulagne, le président de Coénove a ainsi pu rappeler que la rénovation énergétique se positionne au croisement de plusieurs enjeux auxquels se trouve confronté notre pays :
-          La réduction des consommations et donc des émissions de gaz à effet de serre,
-          L’amélioration du cadre de vie et du confort thermique pour les occupants,
-          La diminution des factures d’énergie et donc, conséquemment la hausse du pouvoir d’achat,
-          La lutte contre la précarité énergétique.
 
Elle se situe au cœur de l’ambition affichée dans la Loi de Transition Energétique de 2015 pour notre pays : l’ensemble du parc de logements se situe au niveau BBC Réno en 2050.
Coénove salue le travail de concertation engagé depuis plusieurs mois pour la construction du Plan Rénovation dont nous attendons la publication avec impatience et a, d’ailleurs, formulé plusieurs propositions dans le cadre de la consultation.
Nous attendons de ce Plan des mesures concrètes et pérennes, alors que ces dernières années, c’était surtout à des batailles de chiffres qu’on assistait : 400 000 logements rénovés chaque année ? 500 000 ? sans s’attaquer aux mesures permettant un réel décollage.
 
La massification de la rénovation est indispensable, avec la mobilisation de tous les acteurs, publics et privés. Un point de vigilance cependant : le lancement d’une marque ombrelle peut y contribuer , à condition qu’il ne se résume pas à un simple coup de com’, mais qu’il aide réellement à lever deux freins que nous constatons actuellement : pour engager une démarche de rénovation énergétique, il faut donner envie (dans rénovation énergétique, il y a rénovation), il faut également donner confiance aux décideurs et les rassurer (par des preuves) sur deux points-clés : la réalité des économies réalisées et la qualité des travaux engagés.
 
Le gaz est directement concerné par la réponse à ces enjeux : c’est aujourd’hui l’énergie de chauffage utilisée dans plus de 12 millions de logements, soit plus de 40% du parc de résidences principales. Cette situation de numéro 1 confère à la filière gaz une responsabilité essentielle dans l’atteinte des objectifs poursuivis par notre pays sur les quatre enjeux que j’ai rappelé en début de mon intervention. Elle s’y emploie de plusieurs manières.
 
A court terme
La priorité est mise sur le renouvellement du parc de chaudières : aujourd’hui, seulement 20% des chaudières en fonctionnement sont des chaudières à condensation, dites haute performance. Le remplacement d’une chaudière « classique » par une chaudière haute performance conduit à une diminution des consommations de gaz, et donc des émissions de gaz à effet de serre, de plus de 30%. Si on complète ce changement d’appareil par quelques travaux d’isolation (combles par exemple), le gain va dépasser les 40%, tout ceci pour un montant des travaux maîtrisé, en comparaison d’autres types de travaux plus lourds.
Pour accélérer le renouvellement du parc, dont on voit bien les effets en matière de réduction des consommations et des émissions de gaz à effet de serre, il est donc indispensable qu’un dispositif d’accompagnement financier soit maintenu dans le cadre de la révision du CITE en 2019 et stabilisé dans la durée.
 
A plus long terme
C’est directement le verdissement du gaz qu’il faut viser. Compte tenu de sa place importante aujourd’hui dans le mix énergétique français, la décarbonation de ce dernier passe impérativement par la décarbonation du gaz. L’ADEME a publié récemment une étude explorant les conditions de la faisabilité technico-économique d’un système gazier 100% renouvelable en 2050.
Le potentiel est là et la trajectoire existe, fondée dans un premier temps sur le développement de la méthanisation (dont on ne souligne pas suffisamment les externalités positives, au-delà du strict aspect énergétique : complément de revenu pour la filière agricole, traitement des déchets notamment), puis le développement de la pyrogazéification et du power-to-gaz.
 
Face à ces défis, la filière gaz est donc consciente des responsabilités qui lui incombent. Elle est mobilisée pour se structurer et mettre en œuvre cette nouvelle révolution de l’énergie gaz. Il appartient aussi aux Pouvoirs Publics de l’accompagner dans cette voie vers le renouvelable en traitant le gaz vert comme une EnR à part entière, au même titre que l’éolien ou le photovoltaïque.